Cinquième réunion de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) « Evaluation des avancées des Forces nationales de sécurité et la mise en place de la Force de Répression des Gangs (FRG) »

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Le 02 septembre 2025, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH-H) a présenté les « Actes de la première série de réunions et conférences de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) » contenant des recommandations en vue d’un plaidoyer pour de nouvelles actions et stratégies pour résorber la crise sécuritaire du pays.

Ce document  est le fruit de quatre réunions et quatre conférences tenues du 17 décembre 2024 au 28 juillet 2025, impliquant : le président du CSPN ( le premier ministre) ; la Police nationale d’Haïti (PNH) ; les Forces armées d’Haïti (FAD’H) ; la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) transformée en Force de Répression des Gangs (FRG) ; le Haut- commissariat aux droits de l’homme (HCHD) ; les Nations Unies à travers le BINUH ; l’Organisation des Etats Américains (OEA).

Rappelons que le 20 août 2025, l’Organisation des Etats Américains (OEA) a adopté la « Feuille de route pour la stabilité et la paix menée par Haïti avec le soutien régional et international », dont le premier pilier stratégique repose sur « la stabilisation de la sécurité et le rétablissement de la paix ».  Le 02 octobre 2025, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2793 (2025) transformant de la MMAS en FRG avec un mandat robuste et la capacité de mener des opérations de façon autonome. Le 29 janvier 2026, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 2814, renouvelant le mandat du BINUH jusqu’à janvier 2027 devant, désormais, participer dans la coordination de la sécurité.

Il est donc important pour la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) d’évaluer ce processus « multi-acteurs » en lien avec « les Actes de la première série de réunions et conférences de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) ».


Sur les efforts de la PNH,  l’Inspecteur général en chef (IGC), Fréderic Leconte,  a souligné entre autres : une meilleure synergie entre les instances du Haut commandement et les entités (opérant sur le terrain y compris la Task Force et les FADH); l’acquisition de matériels et l’augmentation de l’effectif de la PNH dans l’objectif du P4.000 (un programme qui consiste à former 4000 policiers  en 12 mois) ; l’intensification des opérations ; le processus de récupération et de consolidation des zones et des infrastructures de l’institution avec le support et la collaboration des autres entités de sécurité , le renforcement de la capacité opérationnelle des autres départements ainsi que de la police frontalière (augmentatif d’effectif/ matériels…), la tactique offensive. Les limites de la PNH ont aussi été soulevées dont les facteurs multiples de la criminalité, le manque d’un plan et d’une stratégie globale de sécurité ( les gouvernements).

Sur la mise en place de la FRG, Sébastien Comlan Hounhouedo, représentant du Haut- commissariat aux droits de l’homme (HCHD), a abordé la transformation de la MMAS en FRG avec un mandat robuste et une autonomie dont : un personnel policier et militaire de 5.500 membres ; la capacité de mener, de manière autonome, des opérations basées sur des renseignements et de prendre des mesures d’urgence. La FRG opérera sous l’autorité d’un représentant spécial- nommé par le Groupe de Pays Amis- avec l’appui logistique des Nations Unies (BANUH).  Ensuite l’engagement de certains pays dont les Etats-Unis, le Canada, la France et le Royaume Unis, lors de la réunion du 09 décembre 2025, à financer la mission, d’autres à en fournir du personnel, le Tchad, le Bangladesh, le Sri Lanka… Le HCDH s’assure que les garanties des droits humains sont prises en compte dans l’élaboration du Concept des Operations (CONOPS) à un double niveau : i) la prévention reposant sur 4 piliers à savoir : vérification des antécédents et sélection, doctrine, formation avant et après déploiement, intégration des droits humains dans la planification des opération ; ii) redevabilité qui consiste à investiguer sur les violations, fixer les responsabilités et prendre les mesures nécessaires.

De son côté, Edwin Florexil, Colonel des FAD’H, Assistant chef d’état-major G3, a expliqué que les FAD’H accompagnent la Police nationale sur le terrain, notamment dans le cadre de la task force, ainsi qu’en appui matériel, ce qui a permis de récupérer et de consolider certaines zones (Kenscoff par exemple) en réponse à l’urgence sécuritaire du moment. Actuellement en phase de remobilisation, l’institution fonctionne toutefois dans des conditions non optimales. Elles comptent environ 2 000 membres, avec une projection portée à 3 000 dans les sept prochains mois. Elles participent à la sécurisation d’infrastructures critiques (APN, AAN, BRH).

Au-delà de ces éléments permettant  de constater certains progrès, les questions soulevées  ont permis de souligner les facteurs qui les entravent dont : l’effondrement du système de sécurité en Haiti après le départ des Duvalier, l’absence d’une vision et d’une stratégie de sécurité mise en place par les autorités qui se sont succédée, le manque d’adaptation des appuis de la coopération internationale, le manque d’exigence des autres acteurs sociaux et économiques, les luttes politiques et la volonté constante de contrôler les institutions de sécurité dont la police.  Ces éléments aideront à préparer la sixième conférence de la TSS prévue pour le mois de mars.