Résumé
Exercer son droit de vote est un droit humain garantit par la Constitution haïtienne (article 17), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 25) et la Convention américaine relative aux droits de l’homme (article 23) auxquels Haïti est partie.
L’adoption du décret électoral – publié dans le journal officiel Le Moniteur le 2 juin 2026 (numéro spécial 27) – est une étape vers cet exercice, après 10 années durant lesquelles aucune élection n’a été organisée en Haïti..
En outre, le décret renforce le processus électoral, en y instituant les principes de transparence et de la redevabilité ainsi que de la lutte contre les avoirs criminels et la corruption ; restaurant le principe de double degré de juridiction (écartant les membres du CEP de la présidence des compositions du BCEN, souvent à l’origine de graves faits de corruption) ; renforçant les partis politiques (acteur important de la construction de la démocratie) ; impliquant les universitaires, devant constituer les Bureaux de Vote (MBV).
Cependant, cette étape doit inévitablement être complétée par : la bonne foi des protagonistes ; la création des conditions sécuritaires adaptées ; un CEP constitué de personnalités compétentes, crédibles et de caractère ; la mise en place de structures permettant à la population de voter (celle des quartiers sous l’influence des gangs et ceux déplacés) ; une mobilisation forte et engagée de la société civile pour exercer pleinement son rôle de vigie, mener des actions de sensibilisation auprès de la population sur l’importance des élections et s’investir activement dans l’observation électorale. Après ce scrutin, il faudra mettre en place l’institution électorale permanente prévue par la Constitution pour résoudre ce problème du provisoire, une source d’instabilité pour la construction de la démocratie et de l’état de droit : chaque élection donne lieu à un CEP, un décret électoral, de nouveaux « partis politiques »…
Summary
The right to vote is a human right guaranteed by the Haitian Constitution (Article 17), the International Covenant on Civil and Political Rights (Article 25) and the American Convention on Human Rights (Article 23), to which Haiti is a party.
The adoption of an electoral decree – published in the official gazette Le Moniteur on 2 June 2026 (special issue 27) – is a step towards this, following a decade during which no elections have been held in Haiti.
Furthermore, the decree strengthens the electoral process, notably by reiterating the importance of transparency and accountability within the electoral institution, as well as the fight against criminal assets and corruption; restoring the principle of a two-tier judicial system (excluding members of the Provisional Electoral Council (CEP) from chairing the National Electoral Disputes Office (BCEN), which is often a source of widespread corruption); strengthening political parties (key players in the development of democracy); and involving academics in the composition of the Polling Stations (MBV).
However, this step must inevitably be complemented by: the good faith of those involved; the creation of appropriate security conditions; a Provisional Electoral Council (CEP) made up of competent, credible and strong-willed individuals; the establishment of structures enabling the population to vote (particularly in neighbourhoods under the influence of gangs and those affected by displacement); and a strong and committed mobilisation of civil society to fully exercise its watchdog role, raise public awareness of the importance of the elections, and actively engage in election monitoring. Following this election, the permanent electoral body provided for in the Constitution must be established to resolve the issue of the provisional arrangements, which are a source of instability for the country and for the development of democracy and the rule of law: every election gives rise to a CEP, an electoral decree, new “political parties”..
